Emeutes de Grenoble « ces situations violentes sont la conséquence directe d'un virage tout sécuritaire »

Publié le par Infos Bordeaux

Didier-Lapeyronnie.gifDans une interview donnée à nos confrères du Sud-Ouest, le sociologue Didier Lapeyronnie, ancien professeur de Sociologie à Bordeaux II, donne son point de vue sur les affrontements qui ont opposés la police française à des ressortissants africains.  Celui-ci est connu pour ses études sur les banlieues et sa vision sociale des violences qui secouent régulièrement les grandes villes françaises. Dans une tribune écrite en 2005 intitulée « Les classes dangereuses et la République », celui-ci minorait sévèrement le racisme anti-blanc et déclarait « plutôt que pétitionner contre les ratonnades anti-Blancs tels des pompiers pyromanes, plutôt que se draper dans une sainte indignation comme des conservateurs et des idéologues aveugles au monde social, plutôt que dénoncer un communautarisme qui menacerait notre belle cohésion nationale, prenons la mesure du racisme institutionnel et de la formation des ghettos ».
Pour le sociologue, une partie de la population de banlieue soutient les caïds « Il existe une logique collective, de groupe. Le caïd c'est aussi le frère de, le copain de, le fils de, dans un univers où tout le monde se connaît. Une grande partie de la population est tacitement plus ou moins complice. C'est le processus de ghettoïsation progressive qui est à l'œuvre. Ces quartiers se referment sur eux-mêmes, et il y existe une forme de solidarité autour d'un destin commun » et la situation, loin de se calmer, ne fait que s’aggraver. La cause de ces désordres selon le sociologue : Une immigration massive ? Une intégration ratée ? Un fossé culturel qui se creuse ? Rien de tout cela : « Il me paraît justement évident que ces situations de plus en plus violentes sont la conséquence très directe d'un virage tout sécuritaire » !

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